Une plume d'une poésie folle se met à peindre un double tableau : un portrait, celui d'Isadora, la narratrice, et un paysage, celui de la Maison. Au début du roman, la palette de l'artiste n'est faite que de teintes vives et joyeuses, pour nous montrer ce cocon qu'est la Maison, creuset des jeux d'enfance, foyer des étés heureux. Lentement, le cocon se délite et les papillons colorés s'envolent. La narratrice bâtit alors progressivement sa Maison, faite de souvenirs, d'un lieu toujours là mais en même temps à jamais disparu qu'elle ne quittera plus. Les couleurs se ternissent lentement et le tableau devient magnifiquement mélancolique.
On s'attache à cette femme qui consacre sa vie à tenir ce lieu qu'elle aime. On ne se lasse pas d'explorer au fil des saisons la Maison et son jardin et on a le sentiment, en fermant le livre d'y avoir vécu nous aussi.