Daniel Day-Lewis ร lโaffiche dโun nouveau film, cโest dรฉjร un petit รฉvรฉnement en soi. Mais quand en plus le film est rรฉalisรฉ par son propre fils, on ne peut quโรชtre intriguรฉ. On sโattend forcรฉment ร quelque chose de puissant, de sincรจre, voire de bouleversant.
aux cรดtรฉs de Sean Bean (oui, lโacteur quโon adore voir mourir encore et toujours). Le film resemble ร un drame intimiste, presque mรฉta, sur un homme vivant en ermite dans une forรชt dโIrlande, un pays toujours hantรฉ par les blessures de la guerre civile et les drames deces annรฉes la.
On suit la relation entre deux frรจres que tout semble opposer : lโun vit tranquillement avec sa famille, lโautre sโest coupรฉ du monde, isolรฉ dans une cabane au cลur des bois.
Deux trajectoires, deux faรงons de survivre au poids du passรฉ. Culpabilitรฉ, solitude, abandonโฆ Anรฉmone parle de ces fantรดmes quโon traรฎne toute une vie.
Au-delร du simple plaisir de retrouver ce grand acteur, son fils nous offre un film contemplatif et sincรจre sur la dรฉbรขcle intรฉrieure dโun ancien militaire atteint de PTSD, qui a choisi de se couper du monde โ ร commencer par ses proches.
Anรฉmone nโest pas un film transcendant, mais il dรฉgage une vraie sincรฉritรฉ. Jโai pris plaisir ร retrouver Daniel Day-Lewis, รงa fait franchement du bien de le revoir ร lโรฉcran aprรจs tant dโannรฉes. Son jeu reste dโune justesse rare, et son personnage, bien รฉcrit et touchant, lui va plutรดt bien.
Mais je dois avouer que jโen attendais un peu plus. Peut-รชtre un rรดle plus fort, plus ample, ร la hauteur de ce quโon associe instinctivement ร un โretourโ de Day-Lewis. Ici, il se fond tellement dans la retenue et la sobriรฉtรฉ quโon reste parfois un peu sur sa faim. Le scรฉnario, lui, a tendance ร se perdre un peu en route โ on ne sait pas toujours oรน il veut nous emmener, et cโest ร la fois sa beautรฉ et sa limite.