J’ai beaucoup aimé, comme toujours les ouvrages d’Halim, même si la curiosité enjouée de la découverte laisse vite place au malaise, au dégoût, à la colère et à l’admiration pour cette jeune fille, aussi.
C’est beau, documenté, vif, sans concession. C’est exigeant parce que le sujet le réclame. Notre cerveau refuse parfois de comprendre d’emblée ce qui parait ahurissant et ignoble, mais comme souvent la réalité dépasse la fiction…
J’ai aimé le dessin, parfois délicat et précis (les décors, les visages, les perpectives sont magnifiques), parfois juste « brut » avec des découpages acérés qui reflètent la tempête traversée par l’héroïne, entre brutalité inouïe et sidération. Le montage est digne d’un film ou d’une série.
La façon d’amener les éléments au fur et à mesure, avec les flashbacks eux aussi cinématographiques.
Et puis la projection dans notre époque à nous, notamment la dernière page d’un cynisme lucide, qui montre qu’il y a encore bien du chemin à parcourir, malgré les avancées… il faut quand même toujours qu’une femme « sourie à la caméra »…