Ce livre m’a fait heureusement découvrir Christine de Pisan et Gabrielle Suchon. Il est aussi un témoignage intéressant de ce dont l’autrice a pu être témoin dans le milieu de la recherche. L’argument en faveur d’un féminisme qui, au lieu d’engager les femmes à refuser un héritage au prétexte qu’il aurait été l’œuvre d’hommes, se concentrerait sur la critique de l’accès des femmes aux savoirs, est plutôt bien mené.
Malheureusement, malgré une critique convaincante des théoriciennes qui lisent les philosophes (notamment Bacon) de façon approximative, ainsi que des critiques littéraires aux principes d’interprétation peu scrupuleux, l’autrice se rend coupable du même défaut à l’égard de quelques auteurs -notamment Rawls et surtout Mill, à qui elle prête des thèses directement contraires à ses écrits, d’une façon qui frise la malhonnêteté pure et simple.