Une série affligeante, qui ne peut supporter la comparaison avec le film original. Le scénario est empesé et se morfond dans de longues circonvolutions dont les séries anglaises ont le secret (il faut bien tenir 9 épisodes contre 1h30 pour l’original); les acteurs sont lourdauds voire perdus et les personnages caricaturaux (un acariâtre inspecteur insupportable, un brave assistant au regard triste qui va se révéler bien précieux, une collègue à qui il ne manque plus qu’un nez rouge pour ressembler à un clown, une séquestrée qu’on a pas vraiment envie d’aller sauver tant elle est inintéressante …).
La série vaut malgré tout pour le dernier épisode, qui résume parfaitement l’ensemble de l’œuvre : une fin prévisible qui se traîne en longueur ; l’acte héroïque du triste assistant ; une scène de dialogue dans une voiture qui rappelle furieusement, mais en pire, les séquences tournées en studio dans les années 50 avec décor défilant en arrière plan pour imager une route sinueuse alors que l’acteur oublie de tourner le volant pour donner le change (peut être que la production n’avait plus de budget et l’acteur n’avait pas son permis). L’ensemble se termine sur un regard optimiste et heureux de l’irascible inspecteur, un début de sourire de l’assistant triste et le retour d’un collègue que l’on croyait paralysé à vie.
Finalement les anglais sont parvenus à torpiller le noir et intense scénario originel qui était servi par des acteurs forts et justes (Fares Fares en particulier) pour proposer une périphérie sans queue ni tête, lassante, insipide et parfois risible (et non pas drôle hélas !). Décidément Broadchurh a laissé des traces…