Du bon, oui, mais aussi du très mauvais. Ce film va, selon moi, très mal vieillir, et il finira sans doute rangé dans la catégorie des navets.
On sent pourtant qu’il y avait de bonnes idées de départ :
Le concept de différents types d’infectés.
L’idée d’une île refuge, où une communauté semble avoir trouvé un équilibre, loin du chaos.
Et surtout, la relation familiale, entre le père, la mère et le jeune garçon : un père qui s’occupe de sa compagne plus par devoir que par amour, une mère malade, et un fils perdu entre les deux. Il y avait là un vrai potentiel émotionnel, quelque chose d’humain, de fort entre les trois personnages qui n'est jamais exploité. Le père laisse le gamin s'en aller, même si les règles du refuge prétendent qu'on ne peu pas aller sauver les gens qui sortent au dehors, je suis désolée c'est son gamin, il devrait tout faire pour le retrouver, mais non...
Mais le vrai problème du film, c’est sa mise en scène chaotique. Entre les prises de vue étranges, les plans tremblés inutiles, les scènes d’action coupées n’importe comment, et cette musique souvent à contre-temps de ce qu’on voit à l’écran, on finit par se demander si Danny Boyle savait vraiment où il voulait aller. L’ensemble donne une impression de confusion, comme un film qui cherche désespérément à être intense et stylisé, mais qui finit juste par être brouillon et fatigant.
Et puis, il y a des scènes qui frisent le ridicule. Celle où la mère du garçon aide une infectée à accoucher, sans que celle-ci ne l’attaque, est sans doute l’exemple le plus flagrant. L’idée que la "fibre maternelle" puisse miraculeusement temporairement neutraliser un virus ultra-violent... c’est du forçage scénaristique à son paroxysme. On a l’impression d’assister à une parodie involontaire.
La fin du film enfonce encore le clou. On ne dirait pas une conclusion, mais plutôt le début d’une suite mal préparée. Ces personnages qui surgissent de nulle part, avec leurs looks étranges et leurs méthodes d’attaque sorties d’un autre film, on se croirait soudain dans Kill Bill. Le ton change complètement, sans aucune cohérence avec le reste. Résultat : un grand écart raté qui décrédibilise tout ce qui précède.
Ce qui rend tout cela frustrant, c’est qu’on sent bien qu’il y avait matière à faire quelque chose de fort. Le film aurait pu suivre un véritable fil conducteur, par exemple celui du jeune garçon découvrant que la peur qu’on lui a inculquée du monde extérieur n’est qu’un mythe. Qu’il rencontre des survivants étranges, parfois dérangeants, mais profondément humains. Qu’il comprenne peu à peu que les monstres ne sont pas forcément ceux qu’on croit.
Mais non : tout est survolé, éparpillé, sans cohérence ni profondeur.
Au final, 28 ans plus tard ressemble à un méli-mélo d’idées inachevées, un film qui veut tout dire et tout montrer, mais qui ne sait jamais comment le faire. Et c’est dommage, parce qu’avec un peu de rigueur et un vrai point de vue, il aurait pu marquer durablement.