"L'Amour Ouf" semble รชtre un film qui puise trop ouvertement dans le chef-d'ลuvre "La Haine," mais sans rรฉussir ร en capturer l'essence ou la profondeur. La comparaison sโimpose avec Franรงois Civil dans un rรดle qui rappelle celui de Vincent Cassel, mais qui peine ร apporter la mรชme intensitรฉ et pertinence. Certaines scรจnes emblรฉmatiques de "La Haine" sont reprises, comme celle du parking en sous-sol ou celle oรน les personnages se retrouvent sur un toit dโimmeuble, sans la mรชme portรฉe symbolique ni la justesse du propos.
Les dialogues sont รฉgalement une dรฉception. Prรฉvisibles et souvent clichรฉs, ils ne rรฉussissent ni ร surprendre ni ร convaincre, ce qui rend certaines scรจnes lourdes et peu authentiques. En voulant faire รฉcho aux annรฉes 90, les prises de vue tombent dans une nostalgie forcรฉe qui n'apporte rien de significatif, comme si le film cherchait dรฉsespรฉrรฉment ร sโancrer dans une esthรฉtique d'รฉpoque sans justification scรฉnaristique. Les dialogues des enfants sonnent faux et manquent de crรฉdibilitรฉ, ce qui rend difficile de sโattacher aux personnages.
La photographie de certaines scรจnes, les retournement de situations et quelques ambiances restent cependant intรฉressantes, mais ce n'est pas assez.