Fan de la premiรจre heure de Dany Boyle, je suis tombรฉ sous le charme de 28 jours puis de 28 semaines plus tard :
- le choix des acteurs (il fait mouche ร chaque fois, permettant de mettre au grand jour des acteurs plus ou moins connus),
- le parti pris (et osรฉ) de tourner selon un angle original qui avait valu beaucoup de critiques ร l'รฉpoque,
- la bande son haletante, troublante et mรฉmorable, comme une vraie signature de ces 2 films.
Enfin, d'une fois sur l'autre, on n'est pas dรฉรงu par cette touche si personnelle et pleine de clins d'ลil ร des rรฉfรฉrences du genre.
Ces 2 premiers films conservent une ligne directive tout en adaptant le concept de base de faรงon intรฉressante d'un film ร l'autre.
28 mois plus tard รฉtait trรจs attendu, mais ce sera finalement 28 ans plus tard qui sortira. Autant dire que cette suite รฉtait attendue depuis bien longtemps...
Mais ... hรฉlas ... ce 3รจme opus est loin, bien loin du compte !
Et pour cause :
- bien que la prรฉsentation du dรฉbut est vraiment originale et nous invite ร entrer dans un monde postapocalyptique, en prรฉsentant successivement les principaux acteurs,
- mรชme si l'image est particuliรจrement soignรฉe voire sophistiquรฉe,
- bien que les acteurs s'en sortent plutรดt bien,
... la narration filmique dรฉรงoit :
- les zombies ne sont plus au centre de l'histoire, ils sont catรฉgorisรฉs (concept intรฉressant) un peu ร la sauce "trรจs mรฉchants", "moyennement agressifs" et ""patachons" gores.
- la survie des vivants dans cet environnement est vaguement รฉvoquรฉe et les scรจnes concernent plus des moments de vie en communautรฉ et la prรฉsentation psychologique des acteurs,
- des aberrations : entre autre le chenal d'accรจs ร cette presqu'รฎle fortifiรฉe n'est jamais vraiment attaquรฉe par les morts-vivants et les humains qui l'utilisent ne sont pas inquiets de l'utiliser ! L'ensemble manque cruellement de crรฉdibilitรฉ
- le mรฉdecin qui arrive comme un sauveur. Accessoirement, il est restรฉ 28 ans seul : surpris qu'il soit toujours aussi humaniste et sociable
et cette scรจne de fin... ร mourir de dรฉception. Un mi-chemin entre les tortues Ninjas et Kill Bill.
On se retrouve donc dans une quรชte assez pauvre que mรชme les belles images de certaines scรจnes n'arrivent pas ร magnifier.
Et que dire de la lenteur gรฉnรฉrale du film avec des longueurs bien trop frรฉquentes ?
Chaque prรฉcรฉdent opus avait รฉgalement son lot d'aberrations - et les critiques de l'รฉpoque ne se gรชnaient pas - mais il faut reconnaรฎtre qu'il y avait un vrai climat sous tension, des moments palpitants qui scotchaient devant l'รฉcran.
Alors que pour celui-ci, je me consolais en me disant que รงa allait bien dรฉmarrer ร la scรจne d'aprรจs... malheureusement calme plat jusqu'ร la fin !
Bref, ce film aurait pu sortir sans รฉvoquer une quelconque suite des 2 prรฉcรฉdents chapitres, tellement le lien avec eux est trรจs lointain : certains diront que c'est liรฉ aux 28 ans รฉcoulรฉs...
En รฉtant radical, je dirais mรชme que c'est un teasing de luxe pour annoncer un 4รจme opus. Les premiers ne prรฉsageaient pas autant d'une suite et se regardaient pour leur intรฉrรชt intrinsรจque.
La bonne nouvelle, c'est que ce film m'a donnรฉ envie de revoir ร nouveau les prรฉcรฉdents opus, bien plus prenants et dignes d'intรฉrรชt dans leur ensemble !
Mon conseil : ร regarder lorsqu'il sortira en vidรฉo.
Au moins, votre porte-monnaie vous remerciera !