Super lecture comme d'habitude jusqu'à ce que je tombe sur la désinformation au sujet des luthériens. Les églises luthériennes sont "évangéliques" et non pas "évangélistes". Il n'y a pas de guitare électrique et d'appels aux dons sur des écrans géants de karaoké, ni d'esprit sectaire plus que chez les catholiques. Elles ont des pasteurs formé.e.s et ordonné.es, (des deux sexes), ordonnent les homosexuel.le.s, célèbrent des mariages du même sexe et baptisent à la naissance (= ne sont pas anabaptistes contrairement à ce qui est suggéré dans le livre). La confession décrite dans le livre est utile à l'histoire mais complètement à côté de la plaque. La pratique ayant, comme les indulgences (rachat des péchés par ceux en ayant les moyens) été bannie il y a plus de 500 ans par Luther, en même temps que le culte en latin. D'ailleurs Luther a été excommunié de l'église romaine pour avoir traduit la bible en allemand, avec ce même soucis d'inclusivité, d'abolition des privilèges , de partage de la connaissance. Je suis déçue, car si ces fausses idées servent les moyens du scénario, elles sont carrément diffamatoires à l'égard d'une église ou plutôt d'églises (qui sont multiples mais relativement homogènes, Missouri synode et rares exceptions mis à part) plutôt tolérantes, souvent églises d'état (Allemagne, Danemark donc, Suède, Finlande), modernes, ouvertes, promouvant la connaissance plutôt que l'obscurité et en guerre avec les dits évangélistes, les vrai.e.s, qui ell.eux sèment l'intolérance, le "wealth gospel" (où l'argent lave les péchés via le capitalisme) et le sectarisme auprès de toustes qui sont en recherche ou des proies naïves et faciles (Afrique, Amérique latine). 🤔 Maintenant je doute de ce que j'ai pu apprendre dans tous les livres de Ferey que j'ai lus avant. Étaient ils en réalité mal documentés ? En tout cas, cette pseudo curiosité carrément dogmatique m'énerve. Hmmm... Heureusement, ça saigne, c'est bien flippant et en terrible huis clos, c'est ça qu'on aime, hehe. Bref, je vais donc continuer à lire malgré mon agacement. Mais méfiez vous de certains éléments. Ah oui, et (spoiler alerte): les opérations sea shepherd (ong qui existe vraiment) ne semblent en réalité jamais aussi délibérément dangereuses. Il n'y a pas de mises en danger des militants. Ça aussi c'est romancé. Mais Caryl Ferrey à force d'avoir peur d'ennuyer le lecteur s'éloigne vraiment d'un des attraits de ses livres. L'immersion à des contextes lointains, dans leur complexité avec un certain exotisme, certes, mais de manière fiable et correctement documentée.