Dans un genre oรน lโabsurde est souvent synonyme de paresse scรฉnaristique, ce film rรฉussit ร faire exactement lโinverse : il bosse. La mise en scรจne est inventive, truffรฉe de clins dโลil au cinรฉma, des sรฉquences ร la Matrix, le costume de The Mask, et mรชme une reprise visuelle de Birdy (1984), ce chef-dโลuvre psychologique dโAlan Parker. Trois films qui nโont rien ร voir, mais qui ont chacun marquรฉ leur gรฉnรฉration et les retrouver subtilement convoquรฉs ici, cโest le genre de dรฉtail qui fait plaisir aux cinรฉphiles attentifs.
On sent que derriรจre le dรฉlire, il y a un amour profond pour le cinรฉma, ses codes, ses excรจs, ses rรฉfรฉrences. Cโest gรฉnรฉreux, presque nostalgique, et รงa fonctionne.
Le scรฉnario, bien que classique, assume son rรดle de fil conducteur sans prรฉtention. Il ne cherche pas ร rรฉinventer la roue, mais ร la faire tourner avec panache. Et รงa marche : le rythme est fluide, les blagues sont originales, et surtout, je ne me suis pas ennuyรฉ une seconde. Pas de moment creux, pas de regard furtif ร ma montre, juste du fun bien dosรฉ.
Les acteurs, sans forcรฉment briller individuellement, jouent tous le jeu avec conviction. Le hรฉros principal reste fidรจle ร lui-mรชme, et on dรฉcouvre son personnage progressivement, sans exposition lourde ni caricature. Cโest peut-รชtre une question de gรฉnรฉration, mais jโai trouvรฉ que le ton sonnait juste, sans cynisme ni surenchรจre.
Bref, dans un ocรฉan de critiques un peu trop sรฉvรจres, je voulais saluer ce film pour ce quโil est : un vrai divertissement, bien foutu, drรดle, et fait avec cลur. Et franchement, รงa mรฉrite dโรชtre soulignรฉ.