Dire que ce film n'est pas pour un public รฉlargi est une รฉvidence. Quoique...
Il est plus rรฉussi que le 1er volet, qui m'avait mis mal ร l'aise parfois. Bancal, artificiel, bizarre.
La rรฉalisation est soignรฉe. On peut rejeter le rythme, les sous histoires enchevรชtrรฉes : mais ce n'est pas une erreur. Au contraire le film a รฉtรฉ pensรฉ comme รงa. Rรฉsultat, ร la fin de la sรฉance je suis bien capable de me souvenir de chacune d'elles, preuve que c'est bien orchestrรฉ. Les environnements sont variรฉs, et on perรงoit peu de rรฉpรฉtition dans ces petites quรชtes, ร part peut รชtre dans les dialogues, qui tournent en rond... chez les plus vieux kaamelottiens : la cour, karadoc, les enchanteurs. Bonnes images, bons costumes. On passe de paysages islandais au soleil mรฉditรฉrannรฉen.
Le rythme "interne" demeure รฉtrange, mais j'ai pour principe de passer outre le rรฉalisme dans un film. Il n'empรชche qu'Astier produit dans son film des actions qui donnent l'impression de durer quelques jours (Arthur ร la rescousse de Karadoc) alors qu'on est sur du 1 mois de mer et des semaines de missives. Pareil pour le reste. Sur ce point, il faut vraiment suivre sans chercher ร comprendre.
L'รฉnorme faiblesse de ce film, comme du premier, vient de la stase des personnages centraux que sont Arthur et Lancelot. Que ce soit clair : j'ai bien aimรฉ les livres V et VI, et dans une certaine mesure le 1er volet. Mais le Arthur rien ร foutre, et Lancelot le tรฉnรฉbreux, รงa traine depuis des lustres. Si Lancelot a un peu d'intrigue ici, c'est le nรฉant pour le roi. Ne parlons pas de Gueniรจvre, dont l'actrice ne semble tout simplement pas croire les rรฉpliques la plupart du temps. Toutes leurs scรจnes sont de trop, prรฉcisรฉment parce qu'on sait dรฉjร qu'elles n'aboutissent ร rien, et rien ne les compense.
Le contraste est saisissant avec les personnages secondaires : ce sont eux qui font tout. Le groupe de jeunes, les enchanteurs (ma partie prรฉfรฉrรฉe), le groupe de Karadoc, les chasseurs de prime, et les trois compรจres sans quรชte (Moguiz !) qui rappellent le plus l'esprit de la sรฉrie. Seul le gamin qui veut assassiner son frรจre (et d'autres) m'a saoulรฉ, car finalement inutile et aussi unidimensionnel que l'รฉcriture d'Arthur.
Je m'inquiรจte un peu du discours que fait tenir Astier au roi ร la table ronde, seul moment de saillie du personnage dans tout le film : creux si ce n'est super kitsch, et dont la longueur est limite gรชnante. C'รฉtait pas du grand art, et je crains qu'il ne l'ait pris, au contraire, pour tel.