La série All’s Fair se présente comme un puissant drame féministe — un cabinet d’avocates, des femmes qui prennent le pouvoir dans un monde dominé par les hommes. Mais très vite, elle révèle son véritable dispositif : plutôt qu’un examen honnête des rapports de genre et de pouvoir, elle choisit de réduire ses personnages féminins à des caricatures de « croqueuses d’hommes », dispensées de l’exigence morale qu’elle impose implicitement aux hommes. Peu importe leurs erreurs, leurs manipulations, leurs choix douteux : elles sont pardonnées, exaucées, toujours dans le bon camp. Le vernis « empowerment » ne suffit pas ; sans complexité ni conséquences, le message s’effrite, et la série finit par renforcer plutôt qu’interroger les clichés. Résultat : un projet visuellement léché, mais creux et décevant sur le fond