Dracula de Luc Besson nโest clairement pas le film dโhorreur m gothique classique que certains m attendaient. Et tant mieux. Ici, le m vampire passe au second plan pour laisser place ร une histoire dโamour m รฉternel, cruelle et profondรฉment toxique. Un amour qui traverse les siรจcles, qui refuse de mourir, et qui condamne autant quโil sublime.
On retrouve bien sรปr quelques clins dโลil รฉvidents au Dracula de Coppola โ difficile de ne pas y penser, tant certaines images semblent dialoguer avec le film de 1992. Hommage au maรฎtre, sans doute. Mais la comparaison sโarrรชte lร . Besson ne cherche pas ร refaire Coppola : il imprime sa propre patte, immรฉdiatement reconnaissable.
Cette patte, on la retrouve dans lโaction copme dans Lucy et dans cet humour discret mais bien senti, qui surgit parfois dans lโombre et rappelle subtilement Le Cinquiรจme รlรฉment. Un humour qui nโabรฎme jamais le mythe, mais qui lโhumanise.
Le cลur du film reste pourtant ailleurs : dans cette tragรฉdie amoureuse. Dracula nโest pas le monstre que lโon croit. Le vrai drame vient de lโacharnement de lโamoureux de Nina, qui sโaccroche, insiste, lutte pour la rรฉcupรฉrer alors mรชme que lโamour nโest plus lร . Et cโest prรฉcisรฉment lร que tout bascule. ร vouloir forcer une histoire qui nโexiste plus, il empรชche la seule qui comptait vraiment : celle, impossible et รฉternelle, de Dracula. Une erreur humaine, banaleโฆ et dรฉvastatrice.
Visuellement, Besson assume ses excรจs, parfois au bord du clip, parfois trop appuyรฉs. Tout ne fonctionne pas, mais lโensemble est habitรฉ par une vraie mรฉlancolie, une sincรฉritรฉ qui fait passer les maladresses.
Est-ce que cโest un grand Dracula ? Non.
Est-ce que cโest un Dracula intรฉressant ? Clairement oui.
Et surtout : cโest un film qui ose รชtre romantique, triste et un peu ringard sans sโexcuser
Un film imparfait, mais sensible. Et รงa, dans un mythe aussi balisรฉ que Dracula, cโest dรฉjร beaucoup. Chapeau Besson !