Quatre ans après la claque surprise de The Black Phone, Scott Derrickson replonge dans l’univers du Grabber. Malheureusement, si le premier film avait marqué par sa sobriété et sa tension psychologique, cette suite se perd dans un excès de surnaturel qui dilue tout ce qui faisait la force de l’original.
Là où le premier volet jouait avec une horreur réaliste, un homme masqué qui enlève des enfants, une cave suffocante, une peur viscérale, The Black Phone 2 bascule dans le domaine du fantastique pur. Le film troque la terreur du réel contre des visions fantomatiques et des séquences de rêve qui rappellent parfois Freddy Krueger ou L’Exorciste. Une direction audacieuse, mais qui déroute : on ne sait plus très bien si on regarde un thriller psychologique ou un film de spectres.
L’ambiance glaciale du décor hivernal apporte un vrai plus visuel. Les paysages enneigés, les cabanes isolées et le contraste entre la pureté du blanc et la noirceur du mal offrent quelques plans superbes. Mais la mise en scène, plus démonstrative, s’éloigne du minimalisme maîtrisé qui rendait The Black Phone si efficace.
Les jump scares, souvent prévisibles, prennent le pas sur la tension dramatique, et l’émotion du premier film la détresse des enfants, le poids du silence se fait plus rare.
Ethan Hawke, toujours aussi inquiétant sous le masque du Grabber, reste une présence magnétique. Mais son personnage, pourtant emblématique, est relégué à un rôle presque symbolique. Là encore, le film aurait peut-être mérité un autre nom, voire une nouvelle franchise, tant il s’éloigne de la proposition initiale.
En résumé :
The Black Phone 2 n’est pas un mauvais film, loin de là. Il est bien produit, soigné, parfois même captivant. Mais il perd la simplicité et l’efficacité du premier opus en voulant trop embrasser le surnaturel. Une suite honnête, mais qui laisse un goût d’inachevé.