Beaucoup qualifient Mamie Luger d’humoristique. Franchement, il faut avoir un goût prononcé pour l’humour noir le plus tordu pour rire en lisant cette histoire. Peut-être les mêmes qui éclatent de rire quand quelqu’un s’écrase la tête sur le bitume et que le sang éclabousse.
Ce roman est tout sauf drôle. C’est une plongée dans la souffrance, la cruauté et la désillusion. Triste, parce que la vieille femme au centre du récit subit un enchaînement de malheurs, de violences et d’humiliations sans jamais réussir à s’en sortir autrement que par la douleur. Elle finit par se délivrer elle-même, d’une manière radicale, comme si c’était le seul moyen de faire taire un destin sadique.
Et brutal, oui, d’une brutalité crue, presque obscène. Le lecteur assiste sans détour aux supplices de cette femme, à ses colères, à ses vengeances, à ses gestes sanglants. C’est une boucherie, un défilé de chair meurtrie et de cervelles éclatées. On se croirait parfois dans un film d’horreur, entre Vendredi 13 et un épisode d’apocalypse zombie.
À éviter absolument pour les âmes sensibles, et pour tous ceux qui ne trouvent aucun plaisir à patauger dans le sang et la folie.
Le roman se veut moderne, féministe même : Mamie lit du Beauvoir, du Sand, et se dresse contre les hommes qui l’ont brisée. Mais à quel prix ? On ressort avec l’impression d’avoir traversé un charnier, pas une émancipation. Difficile de voir le lien entre les manifestes féministes et cette orgie de violence.