Yasmina Khadra n'écrit pas "contre sa mère" comme l'affirme un certain écrivain mais pour, avec et grâce à sa mère. Il le dit lui-même. Or "un livre doit être la hache qui brise la mère gelée en nous." Usant de l'homonymie du mot "mer" je donne un tout autre sens à la phrase de Kafka. C'est Yasmina Khadra qui affirme encore que sa mère était en lui et qu'elle réclamait qu'il écrive ce livre. Mais il craignait de manquer de souffle. Ce livre qui, finalement, a fini par voir le jour prouve ici le contraire. Que dire de ce grand écrivain algérien ? "Ce que le jour doit à la nuit" m'avait donné la mesure de ce dont était capable cette voix qui marie admirablement le style, l'art narratif et l'imaginaire. Tant qu'il y aura des écrivains de son envergure, la littérature sera un art majeur. Et il y en aura toujours. La mort de la littérature est une aberration. Elle est consubstantielle à l'Homme.