Mon père, ce héros.
Pour son premier roman, l’auteur nous livre l’histoire de son père, immigré kurde venu en Belgique s’user dans les tâches les plus ingrates afin d’offrir à ses enfants un avenir meilleur que le sien. C’est donc d’abord celle d’un père prêt à tous les sacrifices pour le bonheur de sa famille. Mais c’est en retour l’histoire d’un amour inconditionnel. Le roman est ainsi une déclaration d’amour filial pour ce héros du quotidien, dont les sacrifices forcent l’admiration. On sent également que cette abnégation est lourde à porter lorsque vient le moment pour la narratrice de faire ses propres choix d’avenir, car comment être à la hauteur d’une vie entièrement consacrée à notre propre bonheur ? L’auteur nous livre son témoignage en trouvant le ton juste entre sincérité, pudeur, et dignité. Écrit à la deuxième personne, ses mots, ce sont ceux qu’elle aurait voulu dire à son père mais qu’elle a trop souvent tus, en raison de cette fierté reçue en héritage. Face à un discours ambiant qui présente trop souvent les immigrés au mieux comme des profiteurs, au pire comme des délinquants, ce roman nous rappelle que, derrière l’immigration il y a surtout la quête d’un avenir meilleur, une histoire faite de courage, de sacrifice, et d’abnégation. Merci !