Un livre qui coche toutes les cases de l'abrutissement collectif contemporain et du parisianisme bobo le plus banal. Ça se veut trash et profond, et c'est simplement du néo-academisme: un peu de c*l racoleur, un milieu aisé de sybarites têtes à claque, l'angoisse écologique à la mode (qui n'etreint que ceux qui ont le temps d'y penser), la pseudo malédiction des 27 ans, Une construction en 2 parties pour faire intello sans trop se fouler. Tout ça constituerait seulement une énième bouse injustement encensée par le très incestueux microcosme politico-médiatique, si ce dernier n'avait pas poussé la blague jusqu'à placer la bouse en question dans la liste Goncourt des Lycëens. J'entends les cris d'horreur et de stupefaction, qui s'expriment même ici. Cependant, gardons la tête froide dans nos offuscations, car nous pourrions passer facilement pour de gros réacs. J'en suis et je l'assume, mais cette appellation sert à nous discréditer en coupant court au debat. Or, ce n'est pas le porno qui me choque dans ce livre, ni sa noirceur. Après tout, Celine, Baudelaire, Apollinaire, que sais-je, en ont écrit de plus corsés. Ce qui me choque, c'est la pauvreté de la langue et de la réflexion : un roman de gare qui surfe sur les tendances contemporaines sans apporter ni profondeur ni style, et se noit dans l'indigence qu'il pretend dénoncer. Un cas d'école, mais ne méritait sans doute pas d'entrer dans le cadre scolaire. A qui profite le tapage autour de ce piètre bousin ? Pourquoi est-il publié, encensé, placé sur une liste scolaire ? Les précédents ouvrages, déjà, etaient racoleurs, invraisemblables et loufoques (prix du livre Inter, cela va sans dire !). Il n'y a donc plus d'écrivains en France ? Ou alors quoi ? Renvoi d'ascenseur ? Chantage ? Kidnapping ? Tentative toujours plus maladroite (mais effective) d'abrutir la jeunesse, et de lui injecter par tous les moyens de la stupidité supplémentaire ? Et sinon, relisez Philippe Muray. Il nous console. Relisez Flaubert, Gracq, Colette, Giono. Lisez, achetez des livres, c'est le seul antidote à la connerie éditoriale de notre epoque.