Chris Sanders offre avec ce film un nouveau chef-d’œuvre au monde de l’animation. On retrouve dans ce film trois éléments majeurs déjà présents dans sa filmographie. D’abord, celui de la famille faite de bric et de broc luttant face à l’adversité déjà présente dans Lilo et Stitch. La fragilité des composantes de cette famille les rends encore plus puissants et touchants. La fragilité psychologique du renard, le caractère endommagé du robot, La constitution frêle de l’oie ajoute à l’aspect protecteur du foyer construit par le robot. Ensuite, le thème du personnage de science-fiction entrant dans un monde radicalement autre l’amenant à aller au-delà de ce pour quoi il a été programmé(aide à domicile pour rose, destruction pour Stitch) et amené à acquérir un pouvoir d’auto-détermination.Le dernier élément consiste à l’union de forces historiquement et naturellement antagonistes (les animaux face à l’hiver et l’invasion de robots, les dragons et les vikings dans dragons). Sanders propose à l’enfant et à l’adulte un monde où la mort est traitée comme phénomène naturel à la fois ordinaire (les dialogues et gags autour de la prédation inter-espèce) et constitutive aux enjeux du récit (il est explicitement dit que la formation de l’oie est nécessaire à sa survie dans ce monde marqué par la violence). Cette particularité assez rare dans le monde d’animation permet de donner une maturité au récit capable de satisfaire l’adulte et d’introduire l’enfant au monde à la fois dans ses merveilles et sa dureté intrinsèque. L’aspect visuel est à couper le souffle. Les couleurs sont très marquées et intelligemment utilisées, Ajouter à cela le cara-design très expressif des personnages et nous avons un parfait véhicule à l’émotion du spectateur. DreamWorks montre que s’il s’accompagne d’artiste talentueux et visionnares, il peut, comme lors du Chat Potté 2, damner le pion à Disney (qui ne cesse de nous décevoir par son sur-place créatif). Je conseille ce film à quiconque aime le cinéma d’animation.