"Sur la dalle" de Fred Vargas
Moi qui adore les livres de cet auteur – que j’ai pratiquement tous lus – j’avais un peu d’appréhension avant de commencer son dernier ouvrage "Sur la dalle", en raison d’abord des six ans qui le séparaient du précédent, "Quand sort la recluse" – Perte d’inspiration ? – et des critiques plutôt négatives qui m’en avaient été rapportées.
Mais le début et les premiers chapitres me rassurèrent, à l’exception peut-être du message délivré par la première victime avant d’expirer, qui constitue la base de l’enquête : il ne s’agit que de bribes plutôt absconses mais le témoin les retient pourtant à la perfection… Bon, je passai lâchement sur cette faiblesse de scénario car pour le reste je retrouvais mes personnages favoris et le talent de l’auteur pour les intrigues imbriquées. Je les déroulai donc avec plaisir en suivant les raisonnements tortueux du commissaire Adamsberg – à propos desquels Fred Vargas insiste tout de même beaucoup dans le récit, au cas où le lecteur n’aurait pas compris.
Bref, me disais-je, même si le bouquin n’est pas du niveau des précédents, il est réussi…
Hélas, tout part à vau-l’eau au fur et à mesure que la fin se rapproche et l’imagination de l’auteur se tarit progressivement : Adamsberg résout une affaire d’enlèvement à hauts risques avec une simplicité désarmante car les méchants se transforment en benêts malléables à loisir, le meurtrier – enfin, celui du début de l’affaire – est démasqué par notre commissaire qui, grâce à ses méditations sur la dalle d’un dolmen (d’où le titre du roman), reconstitue de façon abracadabrantesque le message initial et se lance dans un long, très long, très très très long monologue – parfois entrecoupé de remarques et questions pour la forme – où il explique à ses collègues et au lecteur, interloqués, tous les tenants et les aboutissants de l’affaire, avec des révélations sur le meurtrier censées expliquer ses agissements trucidaires (j’invente le mot pour l’occasion) délirants, et presque à les excuser... D’ailleurs, dans cette explication, ce qu’il dit concernant les griefs de ce dernier envers le grand méchant de l’histoire est en complète contradiction avec ce que l’on sait depuis le chapitre XXII (p.269 pour l’édition de poche) !
Grosse déception que ce dernier roman donc !