Conclave est une plongée profonde dans la lutte intérieure qui habite chaque être humain : entre ce qui nous ronge, réveillant nos instincts les plus primitifs, et l'intelligence du cœur, qu'il faut apprendre à écouter et à laisser s’installer en nous.
Le jeu des acteurs est magistral, porté par le charisme impressionnant du cardinal Laurence et du futur pape Innocent. Leur présence physique à l'écran est saisissante. Laurence impose par sa stature et son regard une autorité presque divine, mêlée à une férocité contenue, semblant dominer chaque scène où il apparaît. Quant au futur pape Innocent, son évolution est remarquable : sa posture, son regard et même sa démarche changent au fil du récit, traduisant son cheminement intérieur, de l'incertitude à la pleine acceptation de son destin.
Cette confrontation symbolique entre puissance et humilité, ambition et foi, est rendue encore plus intense par la mise en scène et la direction artistique du film. La musique est magistrale! Conclave n'est pas seulement une réflexion sur le pouvoir ecclésiastique, mais une allégorie universelle sur la quête d’équilibre entre l’ombre et la lumière qui réside en chacun de nous. On ne construit jamais rien avec la haine et le rejet de l'autre. Ce message est universel, porté par la puissance de cette vérité intemporelle : Je tends l'autre joue, loin de œil pour œil, dent pour dent. — Innocentius