Juré n°2 est un film d'une facture très classique, mais a-t-il suffisamment de personnalité pour devenir comme d'autres films d'Eastwood, "un classique" ? Ce n'est pas tout à fait certain, la faute à un scénario un peu trop prévisible. L'idée de placer le coupable dans le jury du procès d'un inculpé innocent (mais qui n'attire pas toute notre compassion en raison d'une personnalité controversée) est excellente, mais les remords qui vont le tenailler pendant 1h50 et l'évolution de son personnage sont trop prévisibles. Était-il utile de dévoiler sa culpabilité si tôt dans le film, pas forcément. Il y aurait eu moyen de corser un peu plus les choses à partir de l'idée de départ, comme l'inculpé lui-même, le juré coupable aurait pu être plus ambivalent, un peu plus dans le déni et évoluant dans le paradoxe né de la scabreuse situation dans laquelle il se retrouve. Le personnage du flic à la retraite qui se retrouve par erreur dans le jury est décisif pour l'évolution du personnage de la procureure (Toni Collette, très bonne dans ce rôle), mais assez improbable. L'interprétation est en général de qualité, mention spéciale à Nicholas Hoult qui sait jouer dans la nuance en étant convaincant.