(Attention : divulgâcheur dans le commentaire qui suit)
Comme François Ozon met en scène le frère et la soeur dans la vraie vie et que leur nom apparaît dès le générique d'ouverture, une ambiguïté subsiste tout au long du film, à savoir si c'est une relation incestueuse qui unit Luc et Alice ou autre. Le meurtre que commet Luc sur la personne du jeune Said sur l'instigation d'Alice, est assez sordide. Sordide également est l'homme des bois qui, dans sa mansarde au fond de la forêt, prend soin de déterrer le cadavre de Said, sans doute à dessein d'assouvir ses bas instincts, car on devine sa préférence sexuelle par l'attention particulière qu'il porte à Luc, par qui il se fait laver et qu'il lave lui-même avec soin. En sommes-nous convaincus, lorsqu'il sodomise Luc, qui ne résiste pas à l'assaut. Lors de la scène finale, Luc prend même la défense de l'homme des bois, s'époumonant dans le car de police lors de son arrestation, qu'il n'a rien fait, révélateur du plaisir ressenti lorsqu'il se fit sodomiser. De concert avec les animaux de la forêt, témoins des amants baisant sous la cascade, scène torride digne d'un conte de fée pour adultes, musique romantique à l'appui, leur coït est interrompu par l'arrivée impromptue d'une escouade policière cagoulée, accompagnée de ses chiens.Tout crime ne demeurant pas impuni, la pauvre Alice est mitraillée sans vergogne, comme Bonnie Parker du film de Arthur Penn, "Bonnie and Clyde" de 1967. Bien que le film de François Ozon soit inspiré d'un fait divers, une certaine invraisemblance subsiste dans l'esprit du spectateur à certains moments.