Romulus: Alien avait tout pour raviver la flamme d’une franchise mythique. Après les errements de Alien: Covenant, les fans espéraient un retour aux sources, un film viscéral, innovant, capable de faire trembler comme le chef-d’œuvre de 1979. Malheureusement, Ridley Scott — une fois de plus — a préféré jouer la carte de la nostalgie creuse plutôt que d’oser une véritable réinvention.
Visuellement, Romulus tient la route, comme tous les films estampillés Alien. Les couloirs métalliques, les néons clignotants, les bips inquiétants — tout y est. Mais tout cela sonne comme une imitation sans conviction, un pastiche plus qu’un hommage. On a l’impression de regarder une cinématique d’un jeu vidéo AAA, plutôt qu’un film de cinéma.
Le plus grand regret ? Que Neill Blomkamp n’ait jamais pu réaliser son Alien. Son projet avorté, qui promettait de reprendre l’histoire après Aliens en ignorant Alien 3, aurait au moins eu le mérite de faire preuve de courage. Son style sale, brut, dystopique aurait pu redonner un vrai mordant à la saga. Mais Ridley Scott, visiblement déterminé à reprendre la main coûte que coûte, a enterré cette proposition.
Le xénomorphe, censé incarner la terreur pure, n'est ici qu’un élément de décor. Les personnages sont plats, leurs arcs narratifs inexistants, et les scènes de tension tombent à plat. On ne ressent jamais ce sentiment d’angoisse qui faisait la force des premiers films.
En somme, Romulus: Alien est un film sans prise de risque, sans personnalité, un énième recyclage d’idées usées, incapable de se hisser au niveau de ses illustres prédécesseurs. Neill Blomkamp aurait peut-être échoué lui aussi — mais au moins, il aurait tenté quelque chose de nouveau.