Une lente agonie sur stilettos : critique acerbe de And Just Like That
And Just Like That, ou comment assassiner en douceur l’héritage d’une série culte. Loin d’être le retour glorieux des héroïnes new-yorkaises que l’on aimait tant, ce revival ressemble davantage à une réunion d’anciens élèves où tout le monde est embarrassé, mais personne n’ose partir.
Un patchwork sans âme
Le charme de Sex and the City résidait dans son écriture incisive, ses dialogues piquants et son esprit audacieux. Ici, tout ce qui faisait l’essence de la série a été aplati pour convenir à une époque obsédée par la moralisation et l’image. Les personnages – jadis complexes et imparfaits – se transforment en clichés ambulants, récitant des monologues didactiques sur la diversité, le genre et l’inclusivité, sans jamais réussir à rendre ces thématiques organiques ou sincères.
Carrie Bradshaw, un fantôme d’elle-même
Que dire de Carrie, sinon qu’elle erre dans cette suite comme un spectre de sa propre gloire passée ? La journaliste autrefois vive et pleine d’esprit passe désormais son temps à poser des questions idiotes ou à jouer les gourdes maladroites dans des situations absurdes. Voir un personnage autrefois si affirmé patauger dans sa propre série est une tragédie en soi.
Un casting en roue libre
Miranda, la pragmatique et brillante avocate, est devenue un amas de contradictions mal écrites. Charlotte, quant à elle, semble être enfermée dans une caricature des années 2000, incapable d’évoluer. Pire encore, l’absence de Samantha – remplacée par une ribambelle de personnages secondaires mal intégrés – est un vide béant que rien ne comble.
Un désastre esthétique
Visuellement, la série cherche à éblouir, mais même là, elle trébuche. Les tenues qui faisaient autrefois rêver flirtent désormais avec le ridicule, oscillant entre l’excessif et le franchement laid. C’est comme si le stylisme essayait désespérément de nous hurler : “Regardez, on est encore cools !” Spoiler : non, vous ne l’êtes pas.
Une nostalgie mal exploitée
And Just Like That échoue sur tous les fronts, y compris celui de la nostalgie. Au lieu de raviver ce qui faisait la magie de Sex and the City, cette suite nous rappelle pourquoi certaines choses devraient rester dans le passé. Ce n’est pas une réinvention moderne, mais une lente agonie, déguisée en glamour.
Conclusion : un naufrage en talons hauts
En voulant trop en faire, And Just Like That ne fait rien du tout. Ni drôle, ni émouvante, ni pertinente, la série n’est qu’un patchwork mal cousu d’épisodes insipides, mettant à mal la mémoire d’une œuvre qui, autrefois, faisait battre nos cœurs. Si Sex and the City était un cosmopolitan frais, And Just Like That est le fond tiède d’un verre oublié sur le comptoir.