Il est toujours difficile de tourner la page après Henry Cavill, véritable incarnation du dernier fils de Krypton. Le nouvel interprète endosse le rôle avec un certain talent, et il faut reconnaître qu’il s’en sort honorablement, voire brillamment par moments. Pourtant, malgré cette performance solide, le film lui-même peine à convaincre.
Le premier point faible réside dans l’esthétique : le costume manque d’iconicité et ne parvient pas à imposer la stature mythique que l’on attend d’un Superman. Le scénario, quant à lui, souffre d’un manque d’ambition. On a souvent l’impression d’assister à une suite sans véritable introduction, comme si un premier film manquait à l’appel pour donner un socle narratif à celui-ci.
Le traitement de Lois Lane surprend également : présentée comme une « bad girl » dotée d’un tempérament quasi caricatural, elle perd en nuances et en subtilité. Cela déstabilise, car le personnage s’éloigne trop de son héritage iconique. L’apparition de Krypto, le chien de Superman, est certes une touche rafraîchissante et bienvenue, mais elle reste l’un des rares éléments vraiment réjouissants du film.
Du côté des antagonistes, Lex Luthor et sa compagne apparaissent trop simplistes, presque parodiques. On a parfois l’impression de se retrouver face à une version « low cost » d’un film de super-héros, une sorte de déclinaison qui évoque plus une copie maladroite qu’une relecture ambitieuse.
Au final, Superman (2025) laisse un goût amer : quelques bonnes intentions, un acteur principal convaincant, mais un ensemble trop fragile, trop plat et trop peu inspiré. On espérait un renouveau, on obtient un film qui déçoit par son manque de grandeur.